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La réponse a été mise à jour le 14 mai 2025.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Pendant le Moyen Âge, la Suisse n’était pas encore le pays que l’on connaît aujourd’hui. Ce territoire était composé d’un ensemble de cantons et de villes ainsi que des territoires aux mains de princes ou d'évêques.
Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture du Canton de Vaud a publié un dossier pédagogique en 2017 – Par ici la monnaie ! – en lien avec une exposition au Musée monétaire cantonal à Lausanne. On y trouve de nombreuses informations sur l’histoire de la monnaie en Suisse. Voici ce qu’on peut notamment y lire en introduction :
« Dès le Moyen Age, le droit de frapper monnaie appartient au roi (du latin rex, regis : droit régalien) ou à tout souverain laïque ou ecclésiastique qui reçoit l’autorisation de l’exercer sur ses territoires. L’ère de la multiplicité monétaire commence alors. Les princes et les cantons émettent des monnaies multiples, ainsi que les villes et les évêques. En Suisse, plusieurs centaines de valeurs nominales circulent en même temps. Pour pallier ce grand désordre monétaire, il faut attendre 1848 pour que la Constitution fédérale donne à la Confédération le monopole de la monnaie. La Banque nationale suisse est créée en 1905 et devient opérationnelle dès 1907. En 1910, on lui attribue l’émission des billets de banque, exclusivité qu’elle conserve encore aujourd’hui. »
Au sujet du métal utilisé pour fabriquer les pièces, on peut y lire ceci :
« Le métal le plus utilisé est l’argent, en particulier au Moyen Age avec la création, en 675, du denier mérovingien qui introduit une longue phase de mono-métallisme argent. […] En Suisse, le minerai d’argent est extrait à Bagnes (VS) dès l’Antiquité. Son exploitation perdurera au Moyen Age avec les évêques de Sion. »
Les pièces étant en argent, un métal précieux, il fallait contrôler les monnaies : « Objet de convoitise, la monnaie a rapidement été copiée par des faussaires. Les pouvoirs politiques ont très tôt cherché à lutter contre la contrefaçon monétaire. Dans l’Antiquité comme au Moyen Age, le changeur, mandaté et surveillé par le souverain, changeait les monnaies étrangères contre des monnaies locales et vérifiait leur authenticité. Ainsi, pour contrôler la proportion d’or ou d’argent, il devait la jeter sur le comptoir afin d’entendre sa sonorité, puis la peser à l’aide d’une balance monétaire appelée "trébuchet". Cette pratique est à l’origine de l’expression "payer en monnaies sonnantes et trébuchantes". »
Les pièces médiévales avaient donc la valeur du métal utilisé, pas comme aujourd’hui. On lit dans ce dossier encore ceci a ce sujet : « Durant l’Antiquité comme au Moyen Age, la valeur de la monnaie équivaut au métal précieux qui la compose. On dit qu’elle a une valeur intrinsèque. »
Vous pouvez compléter ces informations avec le chapitre consacré au Moyen-Age de l’article « Monnaie » du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS). Dans cet article très complet, vous lirez que durant le Haut Moyen-Age, notamment à l’époque carolingienne, les pièces utilisées étaient étrangères. Puis « Aux XIe et XIIe s., les ateliers monétaires locaux, dépendant pour la plupart de seigneurs ecclésiastiques, se firent plus actifs. Les deniers de Bâle, Zurich, Lausanne et Genève devinrent prédominants, chacun dans son territoire (esquisse d'une régionalisation de la circulation). Aux Grisons cependant, les pièces italiennes gardèrent l'avantage. ». Puis on apprend qu’« Au XIIIe s. s'imposèrent en sus les deniers de Schaffhouse, Zofingue, Berne et Saint-Maurice. Chaque seigneur frappant monnaie prescrivait le recours exclusif à ses espèces sur les marchés de son territoire, les pièces étrangères devant être changées. Mais le monopole ainsi visé était difficile à mettre en œuvre; les limites des circonscriptions monétaires, claires dans les sources écrites, s'avèrent bien plus floues dans la réalité et les chevauchements sont fréquents. »
Puis l’« économie monétaire prit son essor au XIIIe s. Dans la plupart des cantons, des redevances en nature furent converties en argent au bas Moyen Age. La monnaie et surtout la petite monnaie se banalisèrent. L'arrivée, peu après 1300, des nouvelles espèces d'or et des grosses espèces d'argent marqua un tournant important. Pour l'or, il s'agissait du florin, celui de Florence prédominant d'abord, remplacé par celui du Rhin dans la seconde moitié du XIVe s. Les principales espèces d'argent étrangères étaient les gros de Milan, de Prague et le gros tournois. Des gros furent émis en Suisse dès le XIVe s., d'abord à l'ouest, puis dans tout le pays, et des florins vers la fin du XVe. Avec ces nouvelles espèces, la circulation se faisait au bas Moyen Age sur trois niveaux: celui de l'or, celui des grosses pièces d'argent et, dans un cadre plus local, celui de la petite monnaie. L'étape suivante sera l'introduction, vers 1490-1500, de pièces d'argent comme le teston, le thaler et le batz, innovations qui déploieront leurs effets au XVIe s. »
Ce chapitre est complété par deux autres sous-chapitres dont nous vous recommandons la lecture 3.2 Monnaies de compte et 3.3 Les débuts de la monnaie scripturale.
On trouve l’exemple du canton de Vaud dans l’article Monnaies et mesures en usage au pays de Vaud pendant le Moyen-Age d’Aymon de Crousaz, paru aux pages 975-988 du Dictionnaire historique, géographique et statistique du canton de Vaud.
L’auteur confirme, dès les premières lignes qu’« il se forma [...], pendant le moyen-âge, autant d’espèces de livres que l’on frappa de deniers divers, et comme chaque prince, baron, évêque ou ville libre s’arrogeait le droit de battre monnaie et que le titre du denier était constamment altéré suivant les besoins du moment, il en résulta une infinité de monnaies de noms divers et de valeurs diverses sous le même nom. […]
Pour trouver un fil directeur au milieu de cette confusion de monnaies, le comte Cibrario […] a pris pour base le florin d’or de Florence, dont le titre et le poids bien connus sont restés invariables, et qui vaut intrinsèquement fr. 12.36c.55. Il a rapporté à cette base fixe toutes les autres monnaies, au moyen d’indications sur le change des monnaies qu’il a trouvées éparses dans les comptes des trésoriers généraux de Savoie et dans d’autres actes authentiques. Il a consigné le résultat de ses laborieuses recherches dans un tableau […]. Après avoir calculé la valeur intrinsèque des monnaies, le comte Cibrario a voulu en avoir la valeur approximative actuelle, ou le pouvoir, en la comparant au prix des denrées. Dans ce but, il a comparé le prix moyen, pendant une période de 109 ans (de 1289 à 1397), d’une mesure connue de froment en Piémont, en Suisse, en Savoie et dans l’est de la France, tel qu’il lui était donné par les comptes des châtelains et autres préposés du gouvernement, avec le prix actuel de la même mesure de froment. » La suite de l'article vous indique, à l'aide de tableaux, les résultats de ces comparatifs.
Pour savoir ce qui se passait à Genève au même moment, vous pouvez prendre connaissance de la page La monnaie du site des Archives d’État de Genève. Le chapitre Les premiers prêteurs à Genève de la partie La banque et la finance de l'Encyclopédie de Genève en ligne pourra également vous intéresser.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève
