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Depuis des milliers d’années, les prisons existent, mais elles n’ont pas toujours servi à punir comme aujourd’hui.
La réponse a été mise à jour le 3 juin 2026
Bonjour,
Nous te remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Il est difficile de répondre simplement à ta question, tant elle est vaste et varie selon les pays. Nous te donnons ici des pistes d’information qui pourront t'aider à comprendre le sujet, essentiellement en Europe et en Suisse.
Sur le site Manuel de méthodologie historique de la Société Finistérienne d’Histoire et d’Archéologie, tu pourras lire dans la fiche 565 sur Les prisons ce qui suit :
« L’emprisonnement (ou incarcération) constitue une peine largement répandue dans le monde entier et ce depuis des millénaires. La privation de liberté a été considérée, depuis l’Antiquité, comme un moyen de rétorsion, voire de rééducation pour des personnes ayant commis un délit ou un crime.
Les Grecs, lorsqu’ils ne prononçaient pas l’exil (ostracisme, du grec ostraka, qui désigne les petits cailloux de couleurs avec lesquels les citoyens votaient) enfermaient les condamnés.
Au Moyen Âge, chaque château (résidence d’un seigneur, mais également siège d’une juridiction) disposait d’une geôle, sinon d’un cul de basse-fosse, dans lequel on jetait les condamnés, qui avaient peu de chances d’en sortir vivants. Les prisons étaient sordides et insalubres, on les nommait oubliettes. Le roi de France Louis XI (1461-1483) est célèbre pour détenir des prisonniers dans des cages aux dimensions réduites (où le prisonnier ne pouvait se tenir debout), dans son château de Loches (Indre-et-Loire). »
Dans l’article La prison, une invention du Moyen Âge paru sur le site Histoire & Civilisations du journal Le Monde, le 4 octobre 2022, tu pourras lire que :
« Dans le domaine carcéral, le Moyen Âge est longtemps resté héritier du droit romain, qui conçoit l’emprisonnement comme une détention préventive, et non comme une peine. L’incarcération est donc surtout un temps de captivité provisoire en attendant un jugement. Elle sert davantage à garder qu’à punir. Elle dure le temps de l’instruction et permet aux autorités judiciaires d’être certaines que les prévenus ne leur échapperont pas. Il faut attendre le XIIIe siècle pour que la prison se charge d’une fonction pénale et coercitive et devienne progressivement ce qu’elle est aujourd’hui : une peine à part entière. »
Dans un article du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) sur les « Prisons », tu pourras apprendre ce qui suit :
« Les prisons de l'Antiquité étaient des lieux de rétention primitifs (fosses, cachots) utilisés pour mettre quelqu'un en lieu sûr pendant une procédure pénale ou pour l'obliger à payer ses dettes. Au Moyen Age aussi, les prisons avaient ces fonctions (en outre, on y retenait assez souvent les gens qui ne s'étaient pas acquittés d'une amende). Il s'agissait souvent de cachots ou d'oubliettes aménagés dans les sous-sols des châteaux. [...]
Le plus souvent, on enfermait dans des cachots souterrains ou des tours fortifiées. Les détenus, souvent enchaînés et privés de tout droit, y végétaient dans des conditions précaires et extrêmement insalubres.
Dans les régions rurales de la Confédération, il n'y avait pas à proprement parler de prisons jusqu'au XVIIIe s., mais de simples locaux qui en tenaient lieu à l'occasion. Les villes étaient mieux équipées: tours (tour des Prisons à Berne dès 1405), forteresses (Aarbourg), anciens couvents. La peine privative de liberté, appliquée surtout à titre de rétorsion ou comme mesure préventive d'exception, présentait systématiquement les traits d'une peine corporelle lourde et de longue durée. Elle n'avait pas pour but d'améliorer les détenus, mais seulement de les punir en leur infligeant des souffrances physiques et psychiques. Les prisonniers de haut rang bénéficiaient parfois d'un allégement des conditions de détention. En Angleterre, on créa en 1557 la maison de correction de Bridewell pour combattre la mendicité et le vagabondage. Sur le continent, la première maison de redressement pour délinquants et mendiants de sexe masculin ouvrit ses portes à Amsterdam en 1595. [...]
A Genève, où les tribunaux appliquaient depuis 1810 le Code pénal français et prononçaient régulièrement des peines privatives de liberté, une prison pénitentiaire cantonale moderne vit le jour en 1825; ses principes (discipline, isolement, silence) s'apparentaient à ceux de la prison new-yorkaise d'Auburn. »
Mais les conditions varient beaucoup suivant les pays et les époques. Les personnes qui commettaient des délits pouvaient être tour à tour torturées, bannies de la ville ou encore exécutées. Tu comprendras ainsi que les premières prisons ou les premières détentions avaient pour but de garder la personne, le temps que la justice décide de son sort. Et comme le précise d’ailleurs l’article Histoire de la prison en Europe (19e siècle-20e siècle) sur le site de l’Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe : « La prison s’est imposée comme un espace proprement pénal à l’échelle de l’Europe depuis la fin du XVIIIe siècle. Les réformateurs européens, soucieux de trouver la meilleure organisation pénitentiaire, ont défendu comme principes d’organisation la nécessité du travail carcéral et l’adoption du modèle cellulaire, pensées comme vecteurs de discipline. »
Nous espérons que ces éléments t'aideront. N'hésite pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
À bientôt,
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