Vous visualisez une version traduite automatiquement de notre site. Certaines traductions peuvent contenir des erreurs et la version française du site fait foi. Nous vous remercions de votre indulgence et vous souhaitons une bonne visite.
Où a été exécutée Michée Chauderon, dernière femme à avoir été condamnée pour sorcellerie à Genève en 1652 ?
La réponse a été mise à jour le 30 avril 2025
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Sur la page consacrée à Michée Chauderon du site des Archives d'Etat de Genève (AEG) nous trouvons un court résumé de cette affaire :
« Au printemps 1652, Michée Chauderon, lavandière d’origine savoyarde, est condamnée à mort pour crime de sorcellerie. Pendue, puis brûlée sur la place publique le 6 avril 1652, la quinquagénaire catholique est la septantième (47 femmes, 23 hommes) et dernière personne condamnée à mort pour crime de "maléfice" dans la République réformée de Genève. Sa pendaison publique à Plainpalais, au-delà de la Porte Neuve, et la combustion de son cadavre annoncent la fin de la "grande chasse aux sorcières". Devenu très tôt une cause célèbre, son cas n’a depuis cessé d’agiter l’opinion publique. Son procès est intégralement conservé aux Archives d’État de Genève. »
La sentence du procès de Michée Chauderon indique également son lieu d'exécution, telle que transcrite par Michel Porret, à la page 234 de son ouvrage L’ombre du Diable : Michée Chauderon, dernière sorcière exécutée à Genève (1652) :
« […] condamnent ladite Chauderon à être liée et menée en la place de Plainpalais et là être pendue et étranglée et son corps brûlé et réduit en cendres […] »
Et encore, page 160 de ce même ouvrage : « Dressée à l'aube en direction du couchant hors des fortifications sur la place de Plainpalais, la potence expiatoire du supplice exemplaire veut intimider "tous ceux" qui seraient tentés d'oublier Dieu en imitant Michée Chauderon, le dernier justiciable exécuté à Genève pour crime de sorcellerie. »
Comme vous pouvez le constater, le lieu de l'exécution n'est pas indiqué avec plus de précision. En consultant des cartes de l'époque sur le site Genève à la carte, nous pouvons plus ou moins estimer le lieu actuel. Le Plan Billon de 1726-1728 permet de situer la porte Neuve au bas de l'actuelle rue de la Croix-Rouge. Puis, il faut ajouter les fortifications qui se trouvaient à l'actuelle place de Neuve. On le voit clairement sur la Carte Micheli-du-Crest de 1730. Pour se retrouver au-delà des fortifications, on se situe en effet à la pointe nord de la plaine de Plainpalais, plus ou moins où se trouve l'actuel parc du 14-Juin. Toutefois, comme vous pouvez le voir sur ces cartes, la plaine de Plainpalais était déjà un grand espace non bâti à cette époque, et il est donc difficile de savoir où a eu lieu l'exécution précisément.
Les AEG apportent encore quelques précisions au sujet de sa mort et de son corps dans informations sur sa sentence :
« Le mardi 6 avril 1652, la "sentence définitive" est prononcée et exécutée sous l’autorité judiciaire du Lieutenant de Justice. Reconnue coupable de s’être "donnée au Diable et à sa sollicitation" comme d’avoir "baillé du mal à deux filles", Michée Chauderon est condamnée à mort. Cependant, souhaitant user "plutôt de douceur que de rigueur", le Petit Conseil atténue le châtiment. La sorcière, "liée et menée" à l’aube hors des fortifications sur la place de Plainpalais, est d’abord "pendue et étranglée". C’est seulement dans un second temps que son cadavre est "brûlé et réduit en cendres". Par exemplarité et à titre d’infamie posthume, ses restes sont dispersés au vent par le bourreau, ses biens confisqués au profit de l’État, enfin son patronyme voué à tomber dans l’oubli, puisque les autorités défendent de l’inscrire au livre des morts (registre d’état civil). »
Au sujet des procès de sorcellerie à Genève en général, voici encore quelques compléments pouvant vous intéresser :
Dans Sorcellerie et superstitions à Genève : (XVIe-XVIIIe siècle), Christian Broye écrit à la page 57 : « s'il n'a pas toujours été possible d'établir précisément le lieu où s'est déroulé chacune des affaires de sorcellerie reportée dans la liste I [337 cas pour la période 1520-1681, p. 41], nous avons cependant pu en recenser suffisamment pour pouvoir faire apparaître le caractère essentiellement rural du phénomène, à Genève, comme dans le reste de l'Europe. Les lieux qui semblent le plus "infestés" de sorciers et de sorcières sont les mandements de Jussy et de Peney. Ainsi, près de la moitié des procès se déroulent à la campagne, alors que les populations rurales genevoises ne représentent qu'une faible proportion de la population totale. La ville n'est néanmoins pas épargnée par le phénomène, puisque un certain nombre d'accusés en sont Habitants, Bourgeois ou Citoyens. »
Christian Broye écrit à la page 80 que « Cela tient au caractère essentiellement rural de la sorcellerie populaire, celle que les autorités ont précisément cherché à détruire. »
Aux pages 96-97 il explique que « Les procédures révèlent un décalage frappant […] entre le discours des témoins et celui des autorités qui prononcent la sentence : les premiers […], viennent porter des accusations concrètes contre un de leurs voisins qu'ils soupçonnent de leur avoir fait du mal en utilisant les forces magiques, alors que les secondes, en revanche, cherchent à prouver que le suspect est un agent du Diable qui a commis le plus grave des crimes, celui de lèse-majesté divine. [...]
Le procès tardif de Michée Chauderon, dernière sorcière condamnée à mort à Genève, en 1652, est extrêmement révélateur à ce propos. En effet, il nous permet d'observer un glissement très net, qui nous fait passer de la conception populaire de la sorcellerie à celle des élites : au début, la procédure est consacrée aux maléfices et aux sortilèges tels qu'ils ont été relatés par les témoins, puis, progressivement, les magistrats entraînent l'accusée sur le terrain du diabolisme proprement dit. Finalement soumise à la question, elle avoue le pacte avec le Diable. »
Dans Les grandes affaires criminelles de Suisse romande Jacques Rouzet évoque le cas de Michée Chauderon en un résumé très accessible et intéressant : « Très vite, aux yeux des historiens, des philosophes et des publicistes éclairés, elle devint un symbole : celui d'une parodie de justice inacceptable, contraire à l'esprit d'une époque en pleine mutation. »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
Poser une question à Interroge
- Recevez gratuitement une réponse fiable et personnalisée
- Des spécialistes de la recherche d'information vous répondent dans les 72 heures