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La réponse a été mise à jour le 7 janvier 2026.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge. Voici le résultat de nos recherches :
L’article Plymouth professor studies Asian spitting behaviour, paru sur le site BBC News le 17 avril 2013, nous apprend pourquoi cela est habituel (traduit par DeepL) :
En Chine, beaucoup de gens considèrent que cracher est un geste purificateur pour le corps. [...]
Il faut également reconnaître que de nombreuses cultures asiatiques considèrent le geste occidental consistant à se moucher ou à éternuer en public dans un mouchoir puis à le mettre dans sa poche comme véritablement dégoûtant et bien pire que de cracher.
Il se peut que les Occidentaux considèrent moins avec dégoût le fait de cracher dans ces cultures s'ils les comprenaient mieux.
Le journal belge L’avenir a publié le 2 août 2008 l'article Se racler la gorge, cracher, roter... qui nous relate l’expérience et l’analyse de Nicolas Standaert, professeur en sinologie [Science qui étudie la langue, l'histoire, la civilisation chinoises] :
« Lorsque je résidais en Chine pendant les années 1980, le bibliothécaire avait l'habitude de cracher toutes les heures dans un petit pot spécialement destiné à la chose. De telles scènes deviennent aujourd'hui de moins en moins habituelles. La Chine est une société qui connaît une évolution rapide, et cela se remarque également aussi au niveau de l'étiquette. Chaque culture a ses habitudes, et celles-ci ont tout d'abord été apprises. Faut-il chercher une explication rationnelle aux "sales manières" ? En ce qui concerne les crachats, il semble y avoir aussi une raison climatologique. Surtout dans le nord de la Chine, il y a tellement de poussière dans l'air que les gens crachent pour nettoyer leur bouche. Ils partent du principe que ce qu'il y a dans leur bouche est mauvais. Ils ne comprennent pas comment nous pouvons avaler cela", dit Standaert. Ce qui est qualifié comme sale par une culture, est souvent tout à fait normal pour une autre. Prenons par exemple le fait de se moucher le nez. Un enfant qui grandit en Belgique, apprend à utiliser un mouchoir quand son nez coule et, après s'être mouché il le remet dans sa poche. Voilà qui est bien. Eh bien, pour les Chinois, c'est sale. »
L’ouvrage La Chine pour les nuls d’Angélina Boulesteix nous dit à ce propos :
« Malgré une récente campagne gouvernementale très ferme, notamment à l’occasion de Jeux olympiques 2008, le crachat reste malheureusement très présent dans la vie quotidienne chinoise. A la base de cette pratique bien curieuse à nos yeux, on trouve la conception de la médecine traditionnelle chinoise de l’"expulsion" plutôt que la "rétention". »
Des motifs liés également à l’alimentation sont évoqués dans l’article paru en mars 2019 de Marina García Sáenz dans le journal espagnol La Vanguardia intitulé El mito de la grosería china soit traduit en français Le mythe de la grossièreté chinoise :
L'une des saveurs les plus marquantes de la cuisine chinoise est le piquant 麻辣 (ma la). Les aliments épicés irritent les muqueuses de la bouche, du nez et de la gorge. Par conséquent, cette habitude alimentaire peut entraîner une obstruction de la gorge par le mucus et, par conséquent, le besoin de cracher. L'expectoration est liée à la médecine traditionnelle chinoise, car elle vise à éliminer l'excès de liquide afin d'équilibrer l'ensemble du système.
Pour aller plus loin, l'article Le crachoir chinois du roi de Roberto Zaugg paru en 2018 dans le numéro Micro-analyse et histoire globale - Travail et société de la revue Annales. Histoire, Sciences Sociales ajoute encore des éléments historiques intéressants sur cette pratique :
« Au sein de l’Europe chrétienne, la signification attachée au crachat a toujours été extrêmement ambiguë. D’une part, dans les textes bibliques, l’expulsion de salive (comme d’autres fluides corporels) était associée à l’impureté et considérée comme un signe de mépris lorsqu’elle était dirigée vers le visage d’une autre personne (Job, 17:6 et Matthieu, 27:30). D’autre part, ces connotations majoritairement négatives coexistaient avec l’idée, présente aussi bien dans les Écritures (Marc, 8:23) que dans la culture au sens plus large, que le crachat possédait des vertus curatives. Il faut rappeler qu’expectorer fréquemment était monnaie courante durant le Moyen Âge et au-delà. Non seulement cette pratique était considérée comme un besoin naturel, mais la nécessité d’expulser le "phlegme" était, dans une certaine mesure, rationalisée par la médecine galénique qui y voyait un moyen de rétablir l’équilibre des "humeurs" du corps humain.
Norbert Elias a suggéré que l’évolution des attitudes vis-à-vis du crachat était un indicateur du "processus de civilisation" occidentale. En étudiant différents "ouvrages de civilité" sur une période allant du Moyen Âge au début du XXe siècle, il a constaté que cette fonction humaine élémentaire s’était vue progressivement imposer des restrictions.[...] Bien entendu, les préoccupations concernant la salive ne sont pas l’apanage des sociétés européennes. Comme l’a montré Mary Douglas, des normes sociales culturellement codées existent partout dans le monde, véhiculant des concepts de purification et de pollution en référence à l’éjection des fluides corporels. L’adoption du crachoir en Europe n’était d’ailleurs pas une innovation endogène mais le résultat de contacts commerciaux avec l’Asie, où l’usage de cet objet s’inscrivait dans une longue tradition. [...] L’expectoration étant considérée comme un moyen de se débarrasser des maladies, ces objets étaient étroitement associés à la santé et à la fertilité. Lorsque le commerce maritime direct avec l’Europe se développa, les crachoirs faisaient déjà partie de l’équipement standard des foyers, aussi bien dans l’élite que parmi le peuple. »
L'article de Léo Kloeckner Les effets de l’émergence sur les discours officiels de promotion de la modernisation en Chine paru en 2012 dans le journal EchoGéo ajoute des informations utiles :
« A l’approche de l’Exposition Universelle de Shanghai, les images des campagnes de "civilisation spirituelle" se multiplient dans les espaces publics et résidentiels. Le contexte de l’émergence joue un rôle de répertoire de normes de la modernité, intégrées au discours de modernisation des mœurs porté par les autorités. [...] »
Au-dessus de l'illustration 4 montrant un personnage crachant dans des récipients prévus à cet effet sur une affiche de campagne d'information, on peut lire :
« L’image la plus emblématique est certainement celle de l’illustration 4 qui condamne la pratique très chinoise du crachat : "commencer par cracher par terre de façon appropriée" (sous entendu, pas n’importe où). »
Un peu plus loin, l'article poursuit :
« Il s’agit de stigmatiser de façon symptomatique des pratiques qui ne correspondent pas aux codes occidentaux d’urbanité, de pudeur et de civilité, et sont désormais présentées comme des repoussoirs dans la construction de nouvelles normes de citadinité. Pourtant les trois affiches reproduites ici font référence à des pratiques relativement anodines dans l’espace urbain shanghaien, comme dans les villes chinoises en général. Le fait de cracher est perçu d’abord comme un moyen de se purifier d’expectorations jugées malsaines, et non comme une source de souillure de l’espace public. »
Vous trouverez des documents en lien avec cette thématique dans notre catalogue de bibliothèque swisscovery :
Aspects de la culture chinoise de Liang Shuming
Aux racines de la société chinoise de Fei Xiaotong
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève
Pour www.interroge.ch
