Vous visualisez une version traduite automatiquement de notre site. Certaines traductions peuvent contenir des erreurs et la version française du site fait foi. Nous vous remercions de votre indulgence et vous souhaitons une bonne visite.
Interroge a répondu à la question "Par qui et quand les cèdres du Liban ont-ils été introduits à Genève ? Et qui a planté les spécimens du parc Beaulieu ?"
La réponse a été mise à jour le 9 octobre 2024.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Selon le livre Nos arbres d'Albert Zimmermann (publié en 1967), ancien jardinier-chef au Jardin botanique de la Ville de Genève, les premières introductions datées de cèdres du Liban en Europe remontent à 1638, d'abord en Angleterre. Le plus ancien cèdre du Liban planté en France est celui du Jardin des plantes (Jardin du Roi) à Paris. Il a été planté par Bernard de Jussieu en 1734 qui avait rapporté des plants d'Angleterre.
John Briquet, dans son article Quelques points de l'histoire du cèdre du Liban à propos des cèdres de Beaulieu, publié dans le n° 2 de la Revue horticole suisse de 1930, précise que Bernard de Jussieu revint de son voyage en Angleterre avec au moins cinq plants dont deux furent donnés à Jean-François de Sellon, alors chargé d'affaires de la République de Genève à Paris. Jean-François de Sellon les planta dans son domaine de Beaulieu à Genève. Ces deux cèdres y sont toujours tout comme, d'ailleurs, l'un des deux plantés à Paris. La célébrité des deux cèdres genevois a dépassé nos frontières et il n'est pas anodin de les voir cités, comme par exemple (pp. 68-69) dans le livre Le cèdre d'Alain Pontoppidan publié en 1997.
Ces informations sont confirmées page 616 lors de la séance du 28 mars 1939 du Mémorial des séances du Conseil municipal de la Ville de Genève, concernant la Proposition du Conseil administratif en vue de la ratification de l'accord intervenu avec la Société Cédrus S. A. au sujet du plan d'aménagement du domaine de Beaulieu :
« Le parc de Beaulieu, qui n'est séparé des Cropettes que par la rue Baulacre, comprend deux allées plantées d'arbres plus que centenaires, une partant du château dans la direction de la rue du Grand Pré et l'autre dans la direction de la rue Chandieu. Le plus bel ornement de cette propriété est le magnifique cèdre, situé à proximité du château, qui fut apporté du Liban avec deux autres cèdres entre 1735 et 1740 par M. de Jussieu, naturaliste et botaniste. On raconte même que M. de Jussieu, en traversant le désert, avait mis ces jeunes arbres dans son chapeau et s'était privé d'eau pour les conserver. Ces cèdres ont été plantés l'un à Beaulieu, l'autre à Paris au Jardin des Plantes et le troisième au Zoo de Londres. Celui de Beaulieu est, paraît-il le plus beau des trois. Le cèdre de Beaulieu a donné naissance à tous les cèdres du Liban de la région ; celui qui se trouve près de l'école des Cropettes, planté il y a 100 ans, est un rejeton de celui de Beaulieu. »
Albert Zimmermann, toujours dans son livre Nos arbres, évoque la destinée des cèdres du Liban à Genève :
« Les cèdres du Liban, nombreux chez nous et plantés avant l'introduction en Europe du cèdre de l'Atlas (1840), n'ont cessé de fournir au commerce de la graine. Les semis sont longtemps restés purs et ont contribué à répandre l'espèce sans hybridation, ce qui n'a plus été le cas une fois les autres cèdres acclimatés. Pendant cette période initiale les premiers cèdres du Liban devinrent la souche d'une nombreuse descendance fidèle au type, tant à Genève qu'en Suisse [...]. Ce cèdre aime les terrains profonds, car l'enracinement est assuré par un ou plusieurs pivots très forts, émettant un grand nombre de vigoureuses racines latérales qui s'étendent beaucoup et donnent à l'arbre une assise solide. Il aime surtout l'espace et il doit être planté seul. Hors de chez lui, il est moins résistant aux froids hivernaux, probablement à cause de l'humidité qui accompagne les basses températures. Il craint surtout les fortes chutes de neige. Cette espèce prospère à Genève mieux encore que dans sa patrie. »
L'auteur cite finalement quatre spécimens remarquables dans le canton de Genève, soit :
- Genthod ; lieu : "Le Petit-Saugy", propriétaire : J. Lullin ; hauteur : 35 m ; circonférence à 0,30 m : 7,70 m ; circonférence à 1,00 m : 7,30 m ; envergure : 34 m ; âge : 200 ans environ - Ville de Genève ; lieu : Campagne Beaulieu, propriétaire : Ville de Genève ; hauteur : 27 m ; circonférence à 0,30 m : 6,65 m ; circonférence à 1,00 m : 6,00 m ; envergure : 34 m ; âge : 230 ans ; fût : 2 m ; branches traînant sur le sol - Satigny ; lieu : Château-des-Bois, propriétaire : R. Van Berchem ; hauteur : 34 m ; circonférence à 0,30 m : 6,90 m ; envergure : 30 m ; superbe exemplaire - Chêne-Bougeries ; lieu : chemin de la Chevillarde 8, Grange-Canal, propriétaire : Ecole internationale ; hauteur : 28 m ; circonférence à 0,30 m : 6,70 m ; circonférence à 1,00 m : 5,60 m ; envergure : 26 m.
L'ouvrage Des arbres remarquables : 41 histoires enracinées à Genève présente six cèdres du Liban :
- domaine Rothschild à Pregny-Chambésy - chemin de la Combe-d'Ornex à Satigny (Château-des-Bois) - parc La Grange à Genève - route de Frontenex à Genève - parc Beaulieu à Genève - Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONUG à Cologny.
Le livre Les plus beaux arbres centenaires genevois de Gianpaolo Giorgio Cossetta et Louis Cornuz répertorie des cèdres du Liban dans les lieux suivants :
- Genève : parc Geisendorf, parc Trembley, parc du GATT [OMC], parc Barton, avenue de Frontenex - Genthod : propriété le Petit-Saugy - Bellevue : propriété la Réserve - Satigny : Château-des-Bois - Landecy : propriété Micheli (2 exemplaires plantés en 1801 pour la naissance d'Hermann Micheli) - Chêne-Bougeries : mairie et Ecole internationale - Hermance : propriété Naef
Concernant la question sur les personnes qui ont planté ces cèdres à Genève, nous pouvons citer le passage suivant du livre Nos arbres de Henry Correvon publié en 1906 :
« A la fin du XVIIIe siècle, les deux cèdres de Beaulieu étaient considérés comme les plus beaux arbres du pays et, comme ils donnaient déjà des graines en abondance, on vit la plupart des propriétaires de nos environs semer et planter des cèdres dans leurs campagnes. C'est alors que la nouvelle génération de cet arbre merveilleux se propagea et se répandit. Les superbes exemplaires qu'on voit à la villa Rothschild, à Pregny (alors campagne Saladin), le robuste gaillard de Versoix, dont A. Pyramus de Candolle [fondateur du Jardin botanique de Genève] prit déjà la défense lorsqu'on voulait le sacrifier pour établir la route actuelle et qu'il considéra comme un vétéran qu'il fallait sauver, celui de la campagne Monriant, au Grand-Saconnex, datent probablement de cette époque-là. Mais le plus caractéristique de tous nos cèdres est bien celui de la campagne Favre, à La Grange (Eaux-Vives). Planté en 1800 auprès de la demeure princière des Lullin, devenue celle de la famille Favre [...]. On a beaucoup planté cet arbre, comme souvenir des naissances ou des mariages [...]. On plante un arbre lors des principaux événements qui se produisent dans la vie de nos familles, et c'est là un noble usage qu'il est bon de maintenir. »
Notons pour terminer que Genève se soucie de ses arbres remarquables depuis longtemps. Nous citons ce passage tiré Des arbres remarquables : 41 histoires enracinées à Genève, cité plus haut :
« Vu leur importance historique et sociale, les arbres genevois bénéficient de longue date d'une attention particulière de la part des autorités cantonales et des services spécialisés. Entre 1972 et 1978, un inventaire cantonal des arbres isolés (hors forêt) fut réalisé par la Commission dendrologique de la Société genevoise d'horticulture, faisant œuvre de pionnier mondial - c'était la première fois qu'une telle entreprise était menée à une aussi large échelle. Le recensement comportait environ 182'000 arbres, dont 2000 arbres remarquables [...]. Actuellement, ce sont plus de 295'000 arbres - en incluant les arbres disparus - qui sont référencés dans le canton. »
La Carte interactive des arbres isolés genevois vous permet de localiser très précisément des cèdres du Liban. Vous pouvez rechercher le nom latin "Cedrus libani" et cliquer ensuite sur "Afficher résultats".
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque des Conservatoire et Jardin botaniques
Pour www.interroge.ch
