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Histoire de la statue Diane chasseresse inspirée de la célèbre Diane de Versailles, entre héritage gréco‑romain, restaurations successives et goût néoclassique des frères Bartholoni.
La réponse a été mise à jour le 6 mai 2026
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Comme le confirment nos recherches, il s'agit en effet d'une représentation de Diane chasseresse, déesse romaine de la chasse (Artémis dans la mythologie grecque).
Dans le Dictionnaire des symboles, on peut effectivement lire que Diane est dotée d’un arc :
« Artémis la Bruyante, sagittaire à l’arc d’or, la sœur de l’Archer (Iliade XX), courant à travers monts et forets, avec ses compagnes et sa meute, prompte à tirer à l’arc, elle est la sauvage déesse de la nature. […] Chasseresse, elle fait un massacre des animaux qui symbolisent la douceur et la fécondité de l’amour, les cerfs et les biches, sauf quand ils sont jeunes et purs : alors elle les protège comme des êtres consacrés […] »
Le livre La villa Bartholoni nous indique que les jardins étaient décorés par des répliques de sculptures de grands maîtres comme Canova ou Frémin, mais également des copies de statues antiques comme c’est le cas pour celle de Diane chasseresse. Il est en outre indiqué que cette statue est la copie d'une sculpture conservée au Louvre (page 37) :
« […] Des sculptures réparties dans différents coins du parc parachevaient ce décor romantique. Il y avait parmi elles une Danseuse d’après Canova, une Flore de Fremin, une Amalthée de Julien et quelques copies de statues antiques. L’une d’elles, copie de la célèbre Artémis du musée du Louvre, orne encore la cour d’honneur […]. »
Vous pourrez lire la fiche descriptive de l'œuvre originale sur la page Diane de Versailles du site du Musée du Louvre. Comme vous pouvez le constater celle-ci est également sans arc :
« Diane de Versailles. 125 / 150 (2e quart IIe s. ap. J.-C. [?]). Lieu de création : Italie
Œuvre originale : Artémis chasseresse ; Léocharès (?) ; 3e quart IVe s. av. J.-C. (transposition hellénistique du IIe s av. J.-C.(d'après Pfrommer)). [...] Matériau : marbre (marbre grec(?)). »
Une description du dessin de Théodore Géricault Diane chasseresse, d'après la Diane dite de Versailles, fait vers 1810, apporte les compléments suivants :
« Cette Artémis romaine d'après un bronze grec du IVe siècle avant J.-C., fut offerte par le pape Paul IV à Henri II, qui l'a placée à Fontainebleau en 1556. Elle a ensuite été montrée dans la grande galerie du château de Versailles, puis à la Révolution est rentrée au Louvre pour être exposée dans la salle des Antiques. Il se peut aussi qu'il s'agisse d'une étude d'après la version en bronze de cette sculpture, qui était également à Fontainebleau (Geneviève Bresc, communication orale du 10.11.2010). »
Il semble donc que le bronze grec original, dont a été faite la copie en marbre (Diane de Versailles), ne devait probablement déjà plus posséder d'arc dans la main gauche d'Artémis.
La page Artémis à la biche, dite « Diane de Versailles » du site LouvreBible ajoute quelques informations sur cette figure de la mythologie.
Nous avons contacté Clara Brun, spécialiste en architecture et sites patrimoniaux à l'Unité conservation du patrimoine architectural de la Ville de Genève. Elle nous a confirmé qu’il s’agit effectivement d’une copie simplifiée dont nous ignorons l’auteur de la célèbre Diane de Versailles.
Il est important de noter qu'une grande partie de la figure de référence est le fruit de restaurations successives visant à reconstituer des éléments disparus. Ainsi, le nez, les oreilles, le diadème, les bras, une partie de la jambe droite, le carquois ainsi que la tête du cervidé ont été refaits en marbre, notamment par Barthélemy Prieur en 1602, puis par Lange en 1808. Concernant la question sur l'arc, le bras gauche a été largement restauré et la main tenait initialement un arc, dont il ne subsiste aujourd'hui qu'un fragment.
Les plans de la villa et des jardins extérieurs, décorations comprises, ont été dessinés par l’architecte mandaté par les frères Bartholoni, à savoir Félix-Emmanuel Callet, architecte parisien et grand connaisseur des décors pompéiens. Pour la réalisation des décors intérieurs (et probablement extérieurs) il a fait appel à des artistes italiens anonymes.
Martine Koelliker dans son article La Villa Bartholoni, paru dans le n° 92bis en 1992 du Magazine Ville de Genève : journal du personnel, indique que l’architecte mandaté Félix-Emmanuel Callet a bien dessiné les plans de la villa Bartholoni et qu’il était un passionné d’art pompéien :
« C’est à un autre Grand Prix de Rome, contemporain et ami de Lesueur, que les frères Bartholoni ont confié en 1828 la réalisation de leur villa […] Félix-Emmanuel Callet (1791-1854) a alors juste achevé sa formation à l’école des Beaux-Arts de Paris. Il l’a complétée par un séjour de quatre ans à la villa Médicis de Rome, pendant lequel il s’est penché sur les vestiges antiques et plus particulièrement sur les ruines du forum pompéien, découvertes peu avant 1823. Callet a dessiné les plans de la villa Bartholoni à son retour d’Italie, vraisemblablement entre 1828 et 1830 […] Le chantier démarre dans le courant de 1829, il est dirigé par l’un des architectes genevois parmi les plus talentueux, Samuel Vaucher-Delisle (1798-1877). […] Callet fait venir à Genève une vingtaine d’artistes italiens, dont le plus connu est Luigi Cinati, pour réaliser les somptueux décors intérieurs […]. »
Leïla El Wakil, dans l’article À propos de la « Perle du Lac » paru dans la Revue du Vieux Genève de 1983, précise, aux pages 39 à 50, que Callet avait une connaissance accrue de Pompéi et que la volonté de MM. Bartholoni était de rappeler les temps antiques. Elle précise également : « […] Pour exécuter les fresques et les ouvrages de stuc, l’architecte fit venir une équipe d’artiste italiens, tous anonymes sauf le Milanais Antonio [Luigi ?] Cinati, âgé alors de vingt-huit ans, peintre et architecte, qui prit, semble-t-il, une par très active à la décoration […]. »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque d'art et d'archéologie
Pour www.interroge.ch
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