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L'auteur des fresques de l'Ensemble Beaulieu semble être Jean-Pierre Eichenberger. Casina n'a pas pu être identifié malgré les sources consultées.
La réponse a été mise à jour le 1 juillet 2026
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Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Dans le livre XXe : un siècle d'architectures à Genève : promenades, paru sous la direction de Catherine Courtiau, nous pouvons lire que l’immeuble sis à la rue Baulacre 5-11 fait partie de l'« Ensemble de Beaulieu » comprenant également les numéros 2 à 20 de la rue du Grand-Pré et les numéros 5 à 9bis de la rue du Vidollet, commandité par la Société coopérative d’habitation des typographes Graphis. Il aurait été conçu par les architectes Honegger frères et Fritz Jenny et construit entre 1947 et 1955.
Les artistes mentionnés sont « Carsana, Eichenberger ». Le commentaire donne une appréciation : « Bien que chaque immeuble diffère du précédent, tous allient avec élégance la modernité des recherches plastiques, typologiques et constructives des frères Honegger avec le vocabulaire traditionaliste et décoratif de Fritz Jenny. On peut distinguer plusieurs éléments remarquables comme la présence d’interventions artistiques en façade et dans les halls de certains immeubles […]. »
Sur la fiche de recensement de l'Ensemble de Beaulieu réalisé par l’Office du patrimoine et des sites (OPS), les deux artistes sont clairement signalés comme deux personnes distinctes :
« Des œuvres d'art ont été intégrées lors de la construction des immeubles d'habitation Graphis à Beaulieu. On trouve ainsi des bas-reliefs sur les façades (Graphis blocs I et II, 1947-51), des peintures murales de Carsana et Eichenberger et de la mosaïque au sol dans les halls d'entrée (Graphis bloc IV, 1950-52). Si elles sont en général bien conservées, certains aménagements récents de boîtes aux lettres ont eu tendance à dissimuler certaines parties des œuvres picturales. » Une photographie d’une fresque est également disponible sur cette page, mais sans préciser qui en est l’auteur. Aucune signature n’y est visible.
Nous n’avons pas pu trouver davantage d’informations sur les auteurs de ces peintures. Cependant, il s'agit probablement de Jean-Pierre Eichenberger, car il est l'auteur de fresques à Genève et en Suisse.
Jean-Pierre Eichenberger est né à Carouge le 20 juillet 1926. Le Dictionnaire carougeois lui consacre une entrée. Nous pouvons y lire que « Sa vocation artistique lui est inspirée par sa visite de l’exposition Chefs-d’œuvre du Musée du Prado à Genève en 1939. Dès 1940, il étudie à l’Ecole des beaux-arts de Genève où il suit les classes de Marie Boesch (dessin), Fernand Blondin, René Guinand, Herbert Theurillat (peinture), Henri Koenig (sculpture) et Alexandre Mairet, où il apprend l’art de la fresque et de la peinture murale qu’il pratiquera assidûment. »
Dans le livre Jean-Pierre Eichenberger : itinéraire d'un artiste en marge, publié sous la direction de Sheela Eichenberger, il est précisé qu'« Aux Beaux-Arts de Genève, il trouva un maître en Alexandre Mairet, artiste et professeur d’histoire de l’art qui lui transmit le goût de la gravure sur bois et de la fresque sur mortier frais - discipline qui comblait son idéal de placer l'art au service de l'architecture.
Ses démarches répétées pour convaincre les architectes aboutirent à quelques belles occasions de déployer son talent. En 1948, il exécuta, en collaboration avec Raymond Perrenoud, les fresques du temple des Valangines, à Neuchâtel. En 1949, il réalisa sur la façade (100 m²) de la caserne Dufour, à Thoune, une synthèse des troupes légères alliant les cavaliers de l'Antiquité aux conducteurs de chars blindés. Le livre d'heures que lui a commandé le colonel Konrad Willi concourut à sa réputation d'artiste genevois.
En 1952, son Christ à la Cène du temple de Plan-les-Ouates, à Genève, a fortement remué l'opinion. Son choix pour le monumental né de sa vénération de l'esthétique des Égyptiens ainsi que de celle des peintres de la Renaissance, en particulier Fra Angelico, Giotto, Piero della Francesca, n'excluait pas l'exercice de la peinture de chevalet (paysages, académies, natures mortes, portraits). Nulle technique ne lui était étrangère. La gravure sur bois, minutieusement accomplie, lui procurait des heures claires comme l'aube et son entraînante vitalité conceptuelle lui permettait de collaborer à toute étude de décoration intérieure, de rénovation d'architecture contemporaine, de création de bijoux, de briquets, de luminaires. »
La fresque réalisée sur la caserne de Thoune est visible sur le site du Musée des Beaux-arts de cette ville.
En 1956, Jean-Pierre Eischenberger marque un tournant radical dans sa carrière. Cette année-là il s’installe à Piégon, commune française dans la Drôme provençale, où il crée un centre d’art, nommé aujourd’hui Centre artistique de Piégon. Dans le livre précité, Jean-Pierre Eichenberger : itinéraire d'un artiste en marge, ce changement est ainsi présenté : « Ses liens familiaux, son dévouement à la Beauté, sa quête perpétuelle du "non-encore-créé" s'interpénétraient, composaient un seul et même mouvement répondant à ses principes rigoureusement appliqués. Ainsi, quand intervint abruptement le décès de son épouse, Marguerite-Marie de Weck, en 1956, il tourna résolument le dos à sa vie citadine et, emmenant ses deux enfants avec lui, partit à la recherche de la lumière en Provence. »
Tous les ouvrages consacrés à cet artiste se concentrent sur cette seconde partie de sa vie, très productive et remarquée, et nous n’avons trouvé aucune liste des œuvres qu’il a effectuées auparavant.
Jean-Pierre Eichenberger décède le 25 août 2000 en Avignon.
Nous avons contacté Sheela Eichenberger, sa seconde épouse. Elle ne reconnaît pas le style de son mari dans les quelques photographies que nous avons trouvées (celle de la fiche de l’OPS et une autre figurant dans l’ouvrage Honegger frères : architectes et constructeurs, 1930-1969 : de la production au patrimoine). Nous sommes encore en attente d’une réponse de la coopérative Graphis, fondée en 1945 par Fritz Jenny à l’issue de la Seconde Guerre mondiale pour pallier la pénurie de logements et toujours propriétaire de l’immeuble sis rue Baulacre 5-11.
Enfin, concernant le dénommé Carsana, aucune information a pu être trouvée à son sujet. Il s'agit peut-être de l'artisan qui collaboré avec Eichenberger dans la réalisation de ces fresques.
Pour plus d’informations au sujet de l’immeuble de la rue Baulacre 5-11 et de ses spécificités architecturales, vous pouvez consulter les articles suivants. Ils n'apportent toutefois pas d'informations supplémentaires au sujet de ces fresques :
- Les immeubles de la coopérative d'habitation Graphis, à Genève : architectes Fritz Jenny, Jean-Jacques et Pierre Honegger – article paru en 1950 dans Habitation : revue trimestrielle de la section romande de l'Association Suisse pour l'Habitat.
- Les immeubles Graphis : Grand-Pré, Parc Beaulieu – article paru le 5 juin 1952 dans La Tribune de Genève.
- Périphérie genevoise des années ’40 : de la campagne bourgeoise au quartier résidentiel : les frères Honegger au Parc Beaulieu – article paru en 1989 dans le n° 14 de Faces : journal d’architectures.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque d'art et d'archéologie
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