Vous visualisez une version traduite automatiquement de notre site. Certaines traductions peuvent contenir des erreurs et la version française du site fait foi. Nous vous remercions de votre indulgence et vous souhaitons une bonne visite.
Fondée en 1749 par quatorze grenadiers de la milice genevoise, elle incarne, dès ses origines, un esprit à la fois frondeur et convivial : la Société des Vieux-Grenadiers a traversé les siècles, entre révolutions et occupation française pour devenir aujourd'hui la gardienne vivante de la mémoire civique et militaire de Genève.
La réponse a été mise à jour le 5 juin 2026
Les informations présentées sur cette page peuvent ne plus être à jour au moment de votre lecture. Vérifiez la date de publication.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Sur le site internet de la Société des Vieux-Grenadiers, on apprend que :
« C'est en octobre 1749 que quatorze grenadiers de la Milice genevoise fondent le Cercle des Grenadiers. Il ne subsiste aucun écrit révélant les raisons précises de la fondation du Cercle. […] Les membres semblent être de bons citoyens, tranquilles, désirant avant tout passer leurs soirées entre amis à jouer, au piquet (jeu de cartes) ou à la quadrette (jeu de boules), dans la petite maison qu’ils louent "hors-les-murs" à Plainpalais. »
Dans son étude intitulée Vieux-Grenadiers. Un esprit frondeur et bon-vivant au service de Genève publiée dans Dossiers Publics. Périodique de documentation genevoise, no 96, septembre – octobre 1994, aux pages 20-31, Maryvone Maitre relate, elle aussi, la fondation de la Société des Vieux-Grenadiers au mois d’octobre 1749 et elle rappelle à cette occasion l’origine de la milice genevoise :
« Quatorze grenadiers décident alors de louer une maisonnette à l’actuelle rue du Vieux-Billard pour y fonder un Cercle des grenadiers. Ils appartiennent à la milice genevoise, ce commandement permanent de troupes genevoises constitué au milieu du XVIIe siècle, et qui comprend une infanterie, un corps de cavaliers, un corps de bombardiers ainsi que des pompiers et des grenadiers. »
Pour en savoir davantage à propos de la milice et de la garnison, les deux institutions militaires genevoises, vous pourrez lire l’article de Marco Cicchini, Milices bourgeoises et garde soldée à Genève au XVIIIe siècle. Le républicanisme classique à l’épreuve du maintien de l’ordre, paru dans la Revue d’histoire moderne & contemporaine en 2014 (n° 61-2), page 120 à 149. Cet historien montre notamment que la compagnie des grenadiers est un corps militaire d’élite de la bourgeoisie établi dès 1705 dans lequel des non bourgeois peuvent également être incorporés.
Selon le site internet de la Société des Vieux-Grenadiers, l’époque de la constitution du Cercle des Grenadiers est celle « où les Cercles privés fleurissent. Cette mode, venue d’Angleterre, offre aux Genevois l’occasion de se retrouver à l’abri des contrôles de la Vénérable Compagnie des Pasteurs qui lutte contre la consommation de vins et la pratique du jeu, activités "qui pervertissent les habitants". On y parle aussi de politique car le régime patriarcal des conservateurs pèse sur des citoyens qui aspirent à une véritable gestion démocratique. » On voit donc qu’à son origine le Cercle des Grenadiers est l’un des lieux de sociabilité masculine à Genève où sont discutées les idées du siècle des Lumières.
Toujours selon le site internet de la Société des Vieux-Grenadiers, « les Grenadiers représentent l'élite, admirée comme telle par la population. Ces porteurs de grenades forment la garde des Syndics qu'ils escortent jusqu'à la cathédrale de Saint-Pierre, à l’occasion des séances solennelles. »
Selon Maryvonne Maitre (p. 20), « Cette situation en vue n’empêche pas les tensions, en particulier avec le gouvernement aristocratique qui s’inquiète à différentes reprises de la "liberté d’allure et de propos des grenadiers." ». Cet aspect est aussi mis en évidence par Pierre Bertrand dans son étude très détaillée Les grenadiers de Genève. Notice historique (p. 15-18), publiée par la Société des Vieux-Grenadiers.
Maryvonne Maitre souligne encore à la page 21 que « L’histoire des Vieux-Grenadiers à la fin du XVIIIe siècle ressemble à celle des nombreux (une trentaine) autres cercles genevois, d’abord soumis à une étroite surveillance, puis interdits. Ce qui n’empêche pas leurs membres de se rencontrer dans la clandestinité. En 1789, le Conseil général autorise la réouverture des cercles sous certaines conditions et les grenadiers reprennent au grand jour leurs "réunions amicales et tranquilles". »
Pour la période française (1798-1814), le site internet de la Société des Vieux-Grenadiers rappelle qu’« En mars 1798, la France occupe les cantons suisses pour créer une République helvétique qui lui est inféodée. […] Pour les Grenadiers, c'est la catastrophe. Ils resserrent les rangs dans leur Cercle du Molard, sont contraints d’intégrer la nouvelle Garde nationale du Département du Léman […]. »
Des informations supplémentaires sont données par Pierre Bertrand dans son étude déjà mentionnée ; il consacre un chapitre aux périodes de l’Empire et de la Restauration (p. 29-37) dont nous vous recommandons la lecture. D’abord, il s’interroge sur le devenir des Grenadiers sous le régime français, et force lui est de constater (p. 29) ce qui suit :
« Nous nous trouvons, quant au Cercle, devant une nouvelle lacune […]. Nulle mention durant dix années. Il est naturel de supposer que le groupe a repris sa paisible existence, avec toute la prudence que les interdictions d’autrefois lui avaient acquis. […]
Le corps des Grenadiers, lui, ne réapparaît pas tout de suite. Réorganisée sous l’autorité locale d’occupation, la garde nationale n’est, au dire des experts militaires, pas très présentable. Cependant, avec l’Empire napoléonien, le goût de l’armée se répand, imposé d’en haut. L’empereur ordonne que soient constituées à Genève des compagnies d’élite, nécessaires tout d’abord pour l’apparat des fêtes, mais avec la pensée certaine qu’on pourrait utiliser cette troupe sur les champs de bataille lorsqu’on rendrait caduc le traité d’annexion qui dispensait les Genevois au service militaire pour la France. »
Ensuite, il rappelle page 30 que : « Plus les guerres de l’Empire s’étendent, plus la réglementation militaire se précise et se fait sévère ; on appliquera à Genève les règlements de l’armée impériale de 1806. Nos Grenadiers seront incorporés comme 3me et 4me cohortes de la Légion du Léman. »
Toujours selon Pierre Bertrand (p. 34), « L’atavisme des traditions genevoises est si fort que, bientôt, au sein des compagnies de Grenadiers de l’Empire à Genève, l’idée de reconstituer les "tirages" d’autrefois et les fêtes du Roi, se fit jour, en dépit des mœurs impériales. Aussi, nos nouveaux Grenadiers vont-ils établir entre eux, comme les anciens Grenadiers l’avaient fait autrefois, une société : L’abbaye des Grenadiers, "Institution qui aura pour but de réunir tous ses membres une fois chaque année pour tirer un prix à la cible et dîner tous ensemble". Ce sera donc une société parallèle à celle de 1749. »
Selon une notice de notre bibliothèque, consacrée aux Vieux-Grenadiers (Cercle ou société des), cette société de tir « prend le nom de "jeunes Grenadiers" (dissoute en 1837) ; l’ancien cercle prend alors le nom de vieux grenadiers. »
Pierre Bertrand mentionne (p. 35) les fêtes organisées par cette abbaye en 1810 et en 1813 ; cette dernière n’est selon lui « pas du tout réussie. Le temps était nettement défavorable, mais aussi la situation militaire de Napoléon et les remous de la politique internationale, laissaient présager des moments critiques. »
À la suite de la défaite de Leipzig et de la débâcle de Napoléon, Pierre Bertrand précise encore (p. 35), « Alors, bientôt, nos Grenadiers purent remplacer sur leurs shakos la cocarde française par la cocarde genevoise et ils furent, dans la Garde Nationale reconstituée, les premiers à veiller aux portes, sur la République restaurée. »
L'auteur souligne encore page 35 qu’ils sont aussi ceux « qui allèrent, le 1er juin 1814, à la rencontre des contingents suisses de Fribourg et de Soleure qui débarquaient au Port-Noir. », et il considère que « Ce sont ces Grenadiers qui ont donc scellé l’acte définitif d’alliance entre Genève et les Cantons. », avant de mentionner la fête de l’abbaye du 4 juillet à Cologny.
L’accent est mis sur la participation des Grenadiers à la cérémonie du Port-Noir ; elle revêt une importance toute symbolique, ainsi que le souligne André Klopmann dans le livre La Société des Vieux-Grenadiers dans l’histoire genevoise : récit (p. 50) :
« Les Grenadiers sont à la joie. Soulagés, heureux et impliqués. Non sur le fond, politique, mais sur la forme : ils vont opérer une sorte de lien visuel entre l’ère napoléonienne, dont ils perpétuent le costume, et l’ère républicaine enfin retrouvée. »
Pour poursuivre vos recherches, vous pourrez également lire le chapitre de cet ouvrage intitulé « Occupations et Restauration » (p. 43-62).
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
Poser une question à Interroge
- Recevez gratuitement une réponse fiable et personnalisée
- Des spécialistes de la recherche d'information vous répondent dans les 72 heures