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Les loges de la villa Bartholoni sont décorées de bustes qui sont apparemment des copies de statues antiques. Toutefois, leurs identifications restent incertaines.
La réponse a été mise à jour le 3 juin 2026
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
La Perle du Lac, anciennement domaine de Sécheron, abritait la propriété de la famille Bartholoni ou Bartholony. François Bartholoni (1796-1881) y fait construire entre 1828 et 1830 une résidence d’été « de style italien » par Félix-Emmanuel Callet (1791-1854). Elle comprend une maison de maître, dite « villa Bartholini », qui abrite depuis 1964 le Musée d’histoire des sciences, des dépendances : une serre, une orangerie et un logement pour les domestiques aux allures de chalet suisse aux abords du potager et du verger, et à l’entrée deux loges dont une façade chacune comporte deux niches abritant chacune un buste.
Dans sa thèse Bâtir la campagne : Genève 1800-1860 Leila El-Wakil explique la raison de ces bâtiments, aux pages 86 et 88, « Perçue de loin souvent par l’interruption d’une haie ou d’un muret qui borde la parcelle, l’entrée de la propriété peut être traitée avec plus ou moins de faste. […] A l’arrière de l’entrée, et surtout si la maison en est éloignée, se trouve, à défaut de loge, une dépendance – écurie/remise, maison de fermier ou de jardinier, etc. – d’où il est possible de contrôler l’accès à la demeure. La présence des loges ne s’explique pas toujours par l’éloignement de la maison ; leur raison d’être semble souvent purement représentative, à telle enseigne que ces édicules deviennent l’attribut indispensable d’une position sociale qui s’affiche. […] A la maison Bartholini, l’architecte joue sur le thème de deux pavillons jumeaux, l’un destiné au jardinier, l’autre au concierge, symétriquement disposés de part et d’autre de la très grandiose grille d’entrée. »
Dans le même ouvrage, un chapitre complet – La villa pompéienne des Bartholoni : création d’un Grand Prix de Rome – est consacré à la réalisation de la propriété par Callet qui, alors jeune, venait d’obtenir le Grand prix de l’Académie des beaux-arts de Rome. Cependant, les statues des loges n’y sont pas mentionnées.
Dans le livre Ville et canton de Genève d’Armand Brulhart, nous pouvons lire, page 202, ceci : « Dans les niches de la façade du lac [de la maison de maître] et devant l’entrée, statues à l’antique d’après Antoine Canova, Hippolyte-André Julien et René Frémin. »
Louis Blondel, dans son article La villa Bartholoni à Sécheron paru en 1927 dans la revue L'Art en Suisse : revue mensuelle illustrée, nous apporte plus de précisions : « Le sieur Vaucher Delisle, Genevois, est chargé de l’entreprise du gros œuvre qui n’est terminé que vers 1829. Rien n’est laissé au hasard, le parc dessiné en harmonie avec la villa est planté de beaux arbres, de statues, la Danseuse de Canova, la Flore de Frémin, la Malthée de Julien et bien d’autres copies de sculpteurs célèbres ornent les perspectives et les bosquets. Sur la route, de charmants petits pavillons viennent en 1830 encadrer l’entrée. »
Comme nous pouvons le lire, le domaine est décoré de nombreuses copies de sculptures antiques.
Une notice interne à la Conservation du patrimoine architectural de la Ville de Genève de septembre 2003 est consacrée aux loges. Dans son contenu, une éventuelle signature des bustes est évoquée sans y apporter toutefois de réponse.
Cependant, nous pouvons supposer que le buste de la jeune femme avec le diadème et les cheveux attachés, présent à droite sur la loge de gauche depuis l'entrée du parc, est celui de la déesse Artémis (Diane) dans sa version de Diane de Versailles et dont une reproduction en pied se trouve devant l’entrée de la villa Bartholini. Interroge a d'ailleurs récemment répondu à une question à son sujet : « Pouvez-vous me confirmer que la statue se trouvant devant le Musée des sciences est celle de Diane chasseresse ? Qui en est l'auteur et tenait-elle, à l'origine, un arc dans sa main gauche ? »

À sa gauche, il pourrait s'agir d'une copie d'un buste antique du dieu Hermès. Celui-ci est souvent représenté avec des cheveux bouclés. À titre d'exemple, voici la statute Hermès portant Dionysos enfant pour illustrer notre propos.

Dans l'autre loge, celle de gauche, on trouve à droite le buste d'un homme qui pourrait être le dieu grec Apollon. Ce buste ressemble à la tête de la statue en pied Apollon du Belvédère.

Enfin à sa droite, il pourrait s'agir d'Aphrodite (Vénus). Ce buste ressemble à la tête de la Vénus d'Arles avec ce ruban dans les cheveux.

Il ne s'agit que de suppositions qu'aucune source ancienne ne peut confirmer à ce jour.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque d'art et d'archéologie
Pour www.interroge.ch
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