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À quoi correspond l'inscription « 1777 » au-dessus de la porte du n° 12 de la rue du Vieux-Collège ?
La réponse a été mise à jour le 5 août 2025
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Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Le médaillon daté de 1777 indique la date de création du mur de soutènement créé à cette époque ; il n’est pas relié à l’année de construction d’un bâtiment.
L’ouvrage collectif de référence Genève, ville forte qui constitue le troisième volume des Monuments d’art et d’histoire du canton de Genève, nous donne quelques indications concernant la rue du Vieux Collège. Ce document est disponible en ligne sur le site de la Société d'histoire de l'art en Suisse (SHAS).
À la page 12, il est indiqué que l’actuelle rue du Vieux-Collège était déjà occupée durant la domination des Allobroges en 123-121 avant J.-C. : « […] La zone des Rues-Basses constitua à partir de cette époque le cœur du développement urbain. Elle fut densifiée avec l’aménagement des ports de la Fusterie et de Longemalle (vers 123-105 avant J.-C.), mais aussi avec la construction d’entrepôts, d’ateliers de tisserands, de fonderies, de moulins, d’une basilique – dans l’actuelle rue du Vieux-Collège – et avec l’extension de l’habitat entre les futures places de Longemalle et Bel-Air. […] »
Puis durant le 18ᵉ siècle, la rue du Vieux-Collègue a subi des transformations, notamment durant les années 1777-1778. À la page 61, il est indiqué : « […] Ainsi, entre 1777 et 1778, le massif de l’ancien rempart du XVIIe siècle, qui barrait la rue du Vieux-Collège, fut démantelé et la voie prolongée jusqu’à la courtine (fig. 56-57). De là, une rampe en lacet (actuelle rue Théodore-de-Bèze) assura une montée en douceur vers la place, desservant au passage la rue des Casemates. Cette opération impliqua à nouveau la construction de murs de soutènement : l’un pour épauler la terrasse créée au sud du nouveau tronçon de la rue du Vieux-Collège, l’autre pour retenir le terre-plein de l’esplanade élevé au-dessus de la rampe. […] »
La légende de la figure 57 à la page 65 représente une image prise vers 1850 et montrant « Les environs de Rive et de la promenade de Saint-Antoine au moment du démantèlement de la ceinture fortifiée […]. Le tronçon de la rue du Vieux-Collège, visible au premier plan, fut ouvert en 1777. Le mur qui le borde, construit au même moment, soutient la partie conservée de l’ancien rempart du XVIIe siècle, transformée en une petite esplanade (au centre). La communication entre les deux niveaux est assurée, tout comme aujourd’hui, par un escalier établi le long du mur. […] »
Pour valider notre réponse, nous avons contacté Matthieu de la Corbière, directeur du Service de l'inventaire des monuments d’art et d’histoire qui a contribué à l’ouvrage Genève ville forte. Il confirme que la pierre millésimée visible sur un mur de soutènement de la rue du Vieux-Collège indique la date de création du mur de soutènement. Il ajoute que, pour information, suivant une pratique habituelle à l’époque, des pierres millésimées marquent également les murs de soutènement de la promenade de la Treille.
En 1949, Louis Blondel, dans une chronique archéologique éditée dans la revue Genava de 1950, nous donne quelques détails concernant la rue du Vieux-Collège. À la page 18, l'auteur écrit : « On a démoli cette année le vieil immeuble No 10 rue du Vieux Collège, ancienne propriété Kündig […] A l’origine, ces terrains dépendaient du couvent des Cordeliers de Rive ; ils étaient en dessous de ceux de la propriété Bolomier, achetés pour la construction du Collègue au XVIe siècle. Ils furent divisés en lots ou parcelles par la République, en 1569, afin d’être abergés à des particuliers qui devaient y construire des immeubles. Du côté de la colline on délimita 9 parcelles (10 à 18) à partir de la tour de la cuisine jusqu’aux fossés de la ville. Les parcelles 17 et 18 comprennent actuellement l’immeuble no 12. En même temps on établit une nouvelle rue, la rue du Vieux-Collège. […] »
Selon Louis Blondel, il semblerait que la seule construction qui semble avoir existé au 17ᵉ siècle était celle située au no 10 du Vieux Collège, il n’est pas fait mention d’une maison au no 12 : « […] A ce moment, les seules constructions étaient celles de l’ancienne tour du Vieux-Collège, qui servait d’entrée, donnant par derrière sur une grande cour et une maison haute avec ses places et un jardin. Cette maison haute est celle qu’on vient de démolir […] La dernière rénovation, qui a subsisté jusqu’à nos jours, date du XVIIIe siècle […]. »
Dans l'article Au Vieux-Collège, paru dans le Journal de Genève du 5 juillet 1949, concernant la démolition du no 10 du Vieux-Collège, nous lisons : « […] La muraille de 1777, la maison du début du XIXe siècle, qui porte le no 12, avec son péristyle romantique et son jardin suspendu où les tamaris fleurissent en avril, sera bientôt seule à rappeler le Vieux Collège qu’ont connu nos grands-pères. »
Les Archives d'Etat de Genève détiennent des documents concernant la rénovation de la rue du Vieux-Collège en 1777. Sur leur site, on trouve ces indications à propos du cul-de-sac de la rue du Vieux-Collège : « Avant de s’étendre de la place de la Madeleine à la rue d’Italie, la rue du Vieux-Collège n’était qu’une impasse partant de la rue Verdaine et aboutissant à un talus. En 1777, les autorités genevoises confient au maître maçon Pierre-David Matthey la tâche de "relier cette impasse à la rue des Casemates, ceci dans le but de faciliter les communications entre le haut et le bas de la ville" (AEG, R.C. 278, p. 211 [Communication de l’Inventaire des monuments d’art et d’histoire du canton de Genève]). »
Vous pouvez également consulter en ligne le Plan Billon 1726-1728 sur le site Genève à la carte. En faisant une recherche par nom de rue « 12 rue du Vieux-Collège », vous pouvez effectivement voir qu’à cette date aucun bâtiment n’y figurait.
En effectuant la même recherche sur le Plan Céard 1837-1840, on voit, en effet, qu'à cette époque se trouvait un bâtiment en place du 12 rue du Vieux-Collège (bâtiment qui date du 19ᵉ siècle uniquement). Le médaillon est placé sur le mur adjacent où l'on peut voir dessiné, sur ce plan, un mur de soutènement et un escalier qui permettait de relier la partie basse et la partie haute de la ville.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
La Bibliothèque d'art et d'archéologie
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