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A quoi servait la Tour de Champel ?
La réponse a été mise à jour le 4 avril 2023
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Le guide d’architecture d’Armand Brulhart et Erica Deuber-Pauli - Ville et canton de Genève - nous apprend que la tour fut bâtie à l’initiative de l’avocat David Moriaud, le promoteur de l’urbanisation de Beau-Séjour et des Bains de Champel, un établissement balnéaire créé en 1873-1874 pour mettre à profit les vertus thérapeutiques supposées des eaux de l’Arve. Elle aurait été édifiée avec des matériaux provenant d’une ancienne maison du Molard.
Vous retrouvez ces informations sur la page du site de la Ville de Genève consacrée à la Tour de Champel.
Ce type de fausse ruine néo-médiévale est alors très apprécié ; on en trouve plusieurs exemples à Lausanne dès les années 1820-1830 comme nous le rappelle Paul Bissegger dans son ouvrage Le Moyen Age romantique au Pays de Vaud, 1825-1850. Il s’agit donc d’un ornement de promenade à la manière des anciennes « fabriques de jardin ». A Genève, on trouve un édifice contemporain de la tour de Champel, la tour du château El Masr à Cologny (1865) qui partage un goût similaire pour l’architecture militaire gothique.
Comme nous le rappelle David Ripoll, dans son ouvrage sur Champel-les-Bains :
« La promenade exigeant des buts, la Tour de Champel et son local de rafraîchissements sont là pour diriger les pas des promeneurs » mais aussi, en tant que belvédère, pour offrir les attraits du panorama visible depuis son sommet.
Le nom de l’architecte de la tour n’est pas connu. L’auteur l’attribue à Ami Demierre, le bâtisseur de la tour de Cologny, et situe sa réalisation en 1878.
Pour avoir plus d’informations sur le sujet, vous pourrez consulter le texte inédit de Véronique Palfi édité en 2007 - Tour de Champel - 7, chemin de la Tour-de-Champel - Etude historique - dont voici un extrait apportant toutes les informations existantes sur le mystérieux architecte de la tour :
« La tour de Champel est apparue quelques années après l'ouverture de Beau-Séjour. Généralement, les auteurs la datent de 1877 et l'attribuent à Charles Ellès et exceptionnellement à Ami Demierre, tous deux architectes. Il est aussi dit qu'elle a été construite avec les matériaux de la maison Auzias, ou encore avec ceux de la maison de Rolle.
En ce qui concerne l'architecte, la question est ouverte. Charles Ellès a été proposé depuis 1982 en raison de sa présence sur un chantier voisin de la tour, la ville Donna. Le plan qui accompagne sa requête en autorisation figure la tour de Champel. Cette proposition n'a guère de fondement ; en effet, le simple fait qu'il soit actif à cet endroit-là ne suffit pas à en faire le "probable" auteur de l'édicule. La mention d'Ami Demierre est en revanche plus intéressante. C'est à Paul Naville que nous la devons. Dans son ouvrage sur Cologny, il décrit la tour de la propriété Flood, anciennement Demierre, et affirme : "Ami Demierre, architecte, édifia la tour couverte de lierre se trouvant à l'entrée de la propriété, avec le reste des matériaux qui lui avaient servi à construire la Tour de Champel". Sur quelle source ou témoignage se base Naville, nous l'ignorons. Ce qui est certain toutefois, c'est que sa chronologie ne joue pas : la tour colognote est déjà cadastrée en 1870, soit bien avant que la tour de Champel n'existe. Le nom d'Ami Demierre n'est cependant pas étranger au contexte "champelois". En 1877, on voit se constituer une société d'entrepreneurs, la Société civile des Villas de Champel-les-Bains, dont les statuts stipulent que "les constructions en cours d'exécution sont faites d'après les plans dressés par l'architecte Demierre et sous les ordres de ce dernier". Que faire de ces indications contradictoires ? Ne pourrait-on pas imaginer qu'il y ait eu confusion, voire inversion, dans l'information rapportée par Naville, c'est-à-dire que Demierre est utilisé des restes de la tour de Cologny pour édifier celle de Champel ? Dans cette perspective, on relèvera que les moellons de tuf sont présents dans les deux édicules : maçonnerie des deux tiers supérieurs de la tour colognote, échauguette de la tour de Champel. En ce qui concerne les matériaux, il est évident que la tour de Champel a été construite en grande partie avec des pierres de récupération, en particulier la molasse du lac, épuisée dans les années 1870. [...] »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Pour www.interroge.ch
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