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Dès 1900, Genève délivre son premier permis de conduire et pose les fondements du service des automobiles.
La réponse a été mise à jour le 30 avril 2026
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Au niveau national, plusieurs articles du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) contiennent des informations à même de vous intéresser, ou du moins de fournir un cadre à votre recherche :
L’article « Automobile » nous apprend ce qui suit :
« Au XIXe s., on voyait sur les routes helvétiques quelques voitures et chars à chevaux, mais surtout des piétons. Vers la fin du siècle, des bicyclettes, des tramways et quelques engins à vapeur vinrent animer ce trafic nonchalant, où les automobiles firent leur apparition peu après leur première présentation en Suisse, lors de l'Exposition nationale de Genève en 1896. […]
2. Première phase d'expansion
Les efforts en vue d'une législation fédérale sur l'automobile eurent pour premiers fruits les concordats de 1904 et de 1914 ; […] L'arrêté fédéral de 1910 consacra l'adhésion de la Suisse à la convention internationale relative à la circulation automobile, […] La nouvelle convention internationale relative à la circulation automobile de 1926 imposait aux Etats signataires un minimum d'exigences techniques relatives aux véhicules, l'obligation de poser des signaux d'avertissement triangulaires et la reconnaissance d'un permis de conduire international. La Suisse mit en vigueur ces dispositions en 1931. La loi fédérale sur la circulation des véhicules automobiles et des cycles unifia en 1933 la réglementation en la matière. »
L’article « Politique des transports » ajoute ceci :
« 2. Prépondérance du secteur routier
Le développement des chemins de fer réduisit la navigation à la portion congrue dans les transports de personnes et de marchandises. Les routes gardèrent leur importance dans le trafic local (accès aux gares) ; elles en acquirent une nouvelle à l'arrivée de l'automobile vers 1900. »
Un article issu de la newsletter de mars 2024 de la Revue de la Police cantonale valaisanne, intitulé Le permis de conduire bleu : La fin d’un mythe ! complète ces informations :
« Le permis de conduire est obligatoire dans toute la Suisse depuis 1932
Dès 1904, nous retrouvons des traces des premiers documents donnant le droit de circuler avec ce que l’on appelait à l’époque : des automobiles ou des motocycles à explosion. Ceux-ci étaient alors délivrés par les différents cantons.
Toutefois, ce n’est qu’en 1932 que le permis de conduire a été rendu obligatoire et uniformisé sur le plan national. Les automobilistes devaient alors le faire renouveler toutes les années et le faire timbrer auprès des services automobiles d’antan.
Tout d’abord imprimé sur du tissu, puis du papier jusqu’à la matière plastique d’aujourd’hui, le permis de conduire suisse a traversé les âges et a évolué avec son temps, tout comme les dégradés de bleu qu’il a pu connaître. »
Nous attirons également votre attention sur l’existence de l’article Le permis de conduire, obligatoire dès 1904 dans les cantons, dès 1932 au plan fédéral, publié le 30 janvier 2023 sur le site du Quotidien jurassien auquel nous n'avons pas accès, qui puise ses informations dans les archives de l’Office fédéral des routes (OFROU), et est peut-être à l’origine de ce qui précède.
En ce qui concerne Genève, un document tiré des Archives d'Etat de Genève (AEG), sur la base de données Adhémar, fournit des réponses à vos questions : Fonds : Service des automobiles - Bureau des automobiles :
« La première automobile a circulé à Genève en 1877 et fut conduite par René Thury, James Nussberger et Emile Batault. Le premier permis de conduire genevois fut délivré à M. Paul Buchet le 23 avril 1900 : il porte le numéro 213 (les numéros précédents concernant des chaudières). C'est l'inspecteur des chaudières qui devint celui des automobiles. C'est M. Antoine Moré du DJP [Département de justice et police] qui fut le premier chargé de faire passer des examens de conduite. Le Service des automobiles n'apparaît qu'en 1931 dans l'annuaire officiel. Il apparaît déjà en revanche dès 1920 dans les rapports administratifs. En 1986, le service de la navigation est rattaché au service des automobiles. »
Nous ne pouvons que vous encourager à vous rendre aux AEG pour en apprendre d'avantage.
Le chapitre L'automobile, une vieille passion genevoise de l’Encyclopédie de Genève en ligne ajoute encore ce qui suit :
« Genève, ville ouverte sur le monde, a facilement succombé aux charmes de l'automobile, symbole de liberté et de progrès. En 1903 déjà, elle détient le record de Suisse avec 185 automobiles recensées dans le canton. [...] L'Etat de Genève avait été un précurseur en délivrant [...] le premier permis de conduire de Suisse, simple "certificat d'aptitudes" autorisant son titulaire à piloter uniquement la machine décrite sur ledit document. Il poursuit sur cette voie en édictant [...] un premier "Règlement concernant la sûreté et la circulation sur la voie publique", qui interdit aux amateurs de vitesse de "dépasser la vitesse de huit kilomètres à l'heure, soit celle d'un cheval au trot" dans la traversée des villes, villages ou hameaux et limite à 30 km/h les escapades en rase campagne. Jusqu'en 1921, la réglementation en matière de circulation est uniquement du ressort des cantons, qui adoptent des concordats intercantonaux pour en harmoniser les règles. [...] La signalisation routière connaît elle aussi un boom, suite à l'entrée en vigueur de la première loi fédérale sur la circulation routière, en 1933. »
Dans l’article Ne perdez pas votre temps au Service des autos… paru dans le Journal de Genève du 30 mars 1979, nous pouvions encore lire ceci :
« "Aucune voiture ne pourra être autorisée à circuler sans un examen fait par un spécialiste désigné par le Département de justice et police, qui devra s'assurer de la bonne construction de la voiture et de son moteur et qui vérifiera si la voiture est munie des freins nécessaires." C'est en ces termes tirés du règlement général édicté par le Conseil d'Etat au 2 février 1900 que les bases du Service des automobiles d'aujourd'hui étaient jetées. 241 articles d'ordonnance devaient suivre. Le 8 février 1916, un expert-mécanicien des automobiles était donc assermenté et rattaché au Département de justice et police. D'abord à l'Hôtel-de-Ville même, le bureau des automobiles s'installait bientôt à la rue du Puits-Saint-Pierre puis à la rue Verdaine (1929), aux Terreaux-du-Temple (1934) et simultanément à la place du Cirque et au quai du Cheval-Blanc (1956) avant d'être regroupé en février 1966 à l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui. »
Deux extraits des archives du journal Le Temps confirment ce qui précède :
- Journal de Genève du jeudi 1er janvier 1920 où l’on peut lire :
« Permis de conduire. – Le Département de justice et police rappelle aux intéressés que les permis de conduire et de circuler pour automobiles et motocyclettes ne sont valables que pour l’année dans laquelle ils ont été délivrés. Ils sont en conséquence invités à se présenter au Département de justice et police, Hôtel de Ville, n°2, service des automobiles, rez-de-chaussée, avant fin janvier prochain pour renouveler leurs permis (taxe 1 fr. par permis). […] »
- Journal de Genève du mardi 18 décembre 1934 où l’on peut lire :
« Service des automobiles
Le Département de justice et police porte à la connaissance des intéressés que le service des automobiles, rue Verdaine, 14, est transféré, dès le 17 décembre 1934, rue des Terreaux-du-Temple, 8, Maison du Faubourg. Conformément à la loi fédérale sur la circulation des véhicules automobiles et des cycles, les permis de circulation et les permis de conduire doivent être renouvelés chaque année. […] »
Encore au sujet des examens de conduite, dans la Tribune de Genève du 27 septembre 1945, l'article Automobilistes, voici pour vous ! indiquait ceci :
« Voici, [...] ce que nous a déclaré M. Roger Marcelin, inspecteur-chef du service des automobiles : "L’examen de contrôle porte sur une tournée en ville, la connaissance des signaux, du code et de la table de circulation. Sur cette table se trouvent réunies les diverses possibilités qui s’offrent à un usager de la route. Un relief et des figurines ou des véhicules que l’on dispose à volonté permettent de placer le candidat devant des "problèmes" de circulation les plus divers. L’examen complet a toujours lieu au chemin des Vignes, où la manœuvre et la conduite d’une automobile sont exigées des nouveaux candidats. »
Vous serez peut-être également intéressé-e par les deux articles ci-dessous :
- Crotte, il faut déjà revoir les règles de la route, publié le 14 décembre 2023 sur le site de l’OFROU
- Quand les Grisons interdirent la voiture, publié le 19 juin 2024 sur le blog du Musée national suisse.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève
Pour www.interroge.ch
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