Le saviez-vous? Le mail est un jeu, les Minoteries abritaient des moulins, on se baignait à la Coulouvrenière, Lénine a séjourné à la Jonction…
Plus d'une centaine de bâtiments de la Jonction sont chauffés à l'énergie renouvelable, produite localement, via l'eau du Léman et des pompes à chaleur.
Cette avancée vers la transition énergétique est le fruit d'une collaboration entre l’Etat, la Ville de Genève et les Services Industriels de Genève (SIG) depuis 2021.
Entre 1870 et 1886, on se baigne dans le quartier de la Jonction: des bains publics sont aménagés sur la petite île des Volontaires, en aval du pont de la Coulouvrenière.
A cette époque, Genève est une ville balnéaire. Des nombreux bains publics établis sur le Rhône, l’Arve et le lac, il ne reste aujourd’hui que les bains des Pâquis . Les bains de la Coulouvrenière, ou de la Colle, sont démolis en 1886 pour établir un barrage qui alimente les turbines des Forces motrices (actuellement BFM).
L’avenue du Mail a hérité son nom d’un jeu très à la mode au XVIIe siècle que l’on pratique alors sur la plaine de Plainpalais.
Ce jeu, qui se joue avec un maillet à manche flexible, tient de plusieurs sports:
- le golf,
- la pétanque,
- le croquet.
Le but est de toucher des buts fixés dans la terre avec une boule que l’on pousse du maillet.
Le quartier de Plainpalais est une commune indépendante entre 1800 et 1930. Ses premières armoiries sont créées en 1892. Elles comprennent deux rivières:
- une d’argent, le Rhône
- une d’or, l’Arve, dans laquelle on pouvait trouver des paillettes d’or.
Un râteau, une bêche et une roue de puiserande (qui sert à puiser l’eau dans la rivière) rappellent le caractère paysan du faubourg.
Une arquebuse évoque l’histoire militaire du quartier: les soldats genevois s’exerçaient à la Coulouvrenière.
La devise exprime bien ce passé militaire et paysan: "nous cultivons les champs que nous saurons défendre".
Construite entre 1883 et 1892 par Gustave Naville et Georges Habicht, cette usine de pompage d'eau est utilisée a ses débuts pour alimenter en eau sous pression les industries. A peine créée, elle est aussi adaptée à la production d'électricité.
Lors de travaux, la colonne d'eau de 30 mètres qui jaillit de la vanne de décharge du bâtiment remporte un tel succès qu'elle est déplacée en 1891 dans la rade, où elle devient un spectacle emblématique de Genève: le Jet d'eau , qui culmine aujourd'hui à près de 140 mètres.
Désaffecté en 1986, le bâtiment est transformé en 1994-1995 pour abriter une salle de spectacle, annexe du Grand-Théâtre.
Comme son nom l’indique, le quartier des Minoteries abritait jadis des moulins.
Au départ, seul un modeste moulin faisait fonctionner des meules en utilisant la force des eaux de l’Arve. En 1879, une usine le remplace, aujourd’hui disparue.
Si le cimetière des Rois est aujourd’hui considéré comme le panthéon local, il n’en a pas toujours été ainsi. Aménagé en 1482 autour de l’Hôpital des Pestiférés, il est destiné à accueillir les nombreuses victimes de la peste. Son rôle a bien changé depuis, puisqu’il accueille les tombes des personnalités, faisant partie des curiosités du quartier.
La "fausse" tombe de Jean Calvin
Parmi elles se trouve la "fausse" tombe de Jean Calvin, le célèbre réformateur. A sa mort, selon ses vœux et pour éviter tout culte de la personnalité, on l’enterre de façon quasi anonyme, sans indiquer l’endroit de sa tombe. Ce n’est qu’en 1999 qu’un élu décide, malgré de nombreuses protestations, d’entourer l’emplacement supposé de la dépouille du réformateur, d’y planter une basse haie et d’ajouter une plaque commémorative.
Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, célèbre révolutionnaire russe et fondateur de l’URSS, effectue de nombreux séjours en Suisse durant son exil, entre autres à Genève.
Entre 1895 et 1908, il séjourne en tout 4 ans à Genève, notamment à la rue des Plantaporrêts 5 , dans le quartier de la Jonction. Une plaque sur l’immeuble du No 5 rappelle son passage.
Bénéficiant d’une "Appellation d’origine contrôlée" (AOC) depuis 2003, le cardon épineux argenté de Plainpalais a été introduit à Genève au XVIème siècle par des agriculteurs huguenots qui, suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, ont fui la persécution pour s’installer à Genève.
Il tient son nom du quartier de Plainpalais, alors essentiellement maraîcher, dans lequel il a été d’abord cultivé avant d’être planté à la Jonction. Aujourd’hui, les maraîchers genevois continuent à sélectionner, à cultiver et à blanchir cette spécialité, servie traditionnellement en gratin à Noël.
La rubrique Découvrir le quartier Plainpalais Jonction et l'ensemble de ses sous-pages a été réalisée grâce à la lecture de divers ouvrages, dont:
- Pierre Bertrand, Plainpalais, son passé, son avenir, Genève, 1943
- Christian Vellas, Genève insolite et secrète, Versailles: Ed. Jonglez, 2010
- Ville de Genève, sous la dir. de Rafael Matos-Wasem, Genève à pied. 10 parcours à thèmes, Genève: Slatkine, 2008
- Dictionnaire historique de la Suisse, Article "Plainpalais", 1998-2013
Article modifié le 12.08.2025 à 15:36